Le désir de notoriété figure au premier rang des motivations affichées par les entreprises s'introduisant en Bourse. La publicité faite autour d'une opération d'introduction est importante et la présence d'une entreprise à la cote lui assure une visibilité permanente. Entre autres avantages, la notoriété donne à l'entreprise une plus grande crédibilité par rapport à ses partenaires commerciaux et par rapport à ses salariés, actuels et futurs. Une entreprise non cotée aura plus de mal à attirer des collaborateurs de haut niveau, ou à entrer dans des relations de long terme avec de grandes entreprises. Ce gain de notoriété a d'autant plus de valeur que la société introduite en Bourse est jeune et se trouve dans un secteur de pointe. Par exemple, l'introduction d'Omnicom au nouveau marché en juillet 1997 a renforcé son statut d'acteur incontournable sur le marché des télécommunications.
Reste qu'une introduction en Bourse est avant tout une opération financière. Les avantages financiers de l'introduction dépendent de sa motivation. Trois situations se présentent :
- l'entreprise souhaite financer des projets d'envergure qui dépassent la capacité de financement de ses bailleurs de fonds habituels (actionnaires actuels et banquiers) ;
- l'entreprise souhaite réduire son endettement ;
- l'entreprise souhaite liquidifier la position de certains de ses actionnaires et leur permettre de « sortir », soit à l'introduction soit par la suite.
Dans les deux premiers cas, l'essentiel des actions proposées lors de l'introduction sont des actions nouvelles. Dans le dernier cas, l'introduction se traduit surtout par la vente d'actions anciennes.
Lorsque l'introduction correspond à un placement d'actions nouvelles, elle transforme la relation de l'entreprise avec son banquier ; ce qui se traduit concrètement par une baisse du coût du crédit après introduction. Une étude récente réalisée en Italie suggère que cette baisse se situe en moyenne entre 0,4 % et 0,7 %. Une partie de cette baisse est directement attribuable à l'assainissement de la structure financière due à l'apport d'argent frais, mais, pour une portion non négligeable (de 0,3 % à 0,55 %), elle est liée au simple « effet d'introduction en Bourse ». La cotation rassure le banquier, qui devient moins exigeant, mais l'introduction permet surtout d'acquérir une meilleure position de négociation, en faisant jouer la concurrence entre les banques.
L'introduction en Bourse facilite aussi la mise en place d'un système d'intéressement des salariés à fort potentiel de résultat, par exemple sous la forme de stock-options. Certes, rien n'interdit à une entreprise non cotée de distribuer des stock-options à ses salariés, mais l'absence d'un prix de marché clair et la difficulté de céder les titres en diminuent l'intérêt pratique.
Enfin, l'introduction en Bourse est l'occasion d'une mutation dans le système de « corporate governance » de l'entreprise. Elle implique au minimum une transparence des comptes de l'entreprise, et plus largement un effort de communication financière dirigé vers des investisseurs externes, actuels ou potentiels. Elle conduit aussi à la mise en place de systèmes modernes de contrôle interne et à une professionnalisation des instances d'administration et de surveillance. Ces mutations sont parfois vécues, à court terme, plus comme un coût que comme un avantage de l'introduction. A long terme, elles ne peuvent que conforter la solidité de l'entreprise.
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